La Roque-Bouillac - Un peu d’histoire…..

LA ROQUE BOUILLAC - Un peu d’histoire…..

Le château
A la Préhistoire, le site était considéré comme un lieu d’horreur, à cause, sans doute, de ses rochers aux formes tourmentées.
Les Gaulois, suivis des Romains s’installèrent dans ses environs proches (Puech de Nissol et Puech du Plancat) puis, durant les IXè et Xème siècles, se succédèrent les Barbares, les Francs et les Normands.
C’est à l’époque de la Féodalité que fut construit le château « Roc de Bouilhac ».
Idéalement situé au bord du Lot, le site de La Roque Bouillac donna l’idée à un seigneur quelque peu « malin » d’arraisonner les bateaux au moyen d’une chaîne tendue en travers de la rivière. Il rançonnait, également, les pèlerins qui allaient de Rocamadour à Conques.
Près du château une chapelle qui devint rapidement une église, fut construite. Les habitations proches suivirent (« basse-cour ») puis le village continua à s’étirer.
Au XIVè siècle le château, occupé par les Anglais, fut libéré grâce au Comte d’Armagnac. La Roque Bouillac, bien qu’importante baronnie, fut délaissée dès 1450 et le château abandonné au profit du château de Bouillac, car plus confortable et facile d’accès (Nicolas 1er en 1475).
Lorsque le dernier survivant (Gilles de La Roque Bouillac) de la branche aînée des La Roque Bouillac décéda, ne laissant aucun héritier et aucune fortune (XVIIIè siècle), le château fut vendu à Monsieur Duval de Montauban puis à Monsieur Delfau, receveur des tailles à Figeac. Madame Sédagnes (héritière de la branche Delfau) le revendit ensuite à un mendiant. Ce dernier étant insolvable, la commune récupéra le château et démolit, par mesure de sécurité, les tours (fin 1952).
Monsieur Nicolle en est l’actuel propriétaire (milieu des années 90).

 

Toulouse Lautrec
La dernière branche des La Roque Bouillac est rattachée aux Toulouse Lautrec par un mariage en 1810 entre, Adèle, fille du Comte Jean Charles Flotard de La Roque Bouillac et le Vicomte Jean Baptiste Joseph Alphonse de Toulouse Lautrec Montfa.
Leur arrière-petit-fils fut le célèbre peintre.

L’Eglise Saint Pierre
Le château étant inhabité dès 1450, l’église Saint Pierre, construite à l’époque du château, se délabra, bien qu’au XVIIIè siècle, une petite sacristie fut bâtie derrière l’autel.
En 1773, le curé demanda à ses supérieurs un transfert de l’église du château au village suite à la chute mortelle d’une mère portant son enfant au baptême. D’autre part, les cercueils étaient hissés à l’aide de cordes, le chemin étant trop abrupt.
Furent invoqués notamment :
• Un chemin extrêmement incommode, éloigné, en mauvais état, impraticable pour les personnes âgées et/ou malades.
• Une église bâtie sur une élévation considérable. Endroit isolé et scabreux, souvent pillé.
• Les crues fréquentes du Lot d’où une impossibilité pour les paroissiens d’aller à l’église.

La nouvelle église vit le jour en 1779. Elle est marquée par un plafond en bois en forme de nef de bateau renversée. Les matériaux furent prélevés sur l’ancienne église et la communauté fournit la main-d’œuvre.
En 1790, lorsque la nouvelle administration fût installée, les paroissiens pensèrent qu’ils allaient enfin pouvoir avoir leur clocher. Malheureusement, en 1791, la vente des biens ecclésiastiques (vigne du prieuré, presbytère, jardins …) prouva que le clocher ne représentait rien aux yeux du gouvernement en place. Le prêtre de La Roque Bouillac refusant de prêter serment à la Constitution Civile dût quitter La Roque Bouillac pour se rendre à Rodez, à la maison commune où étaient regroupés tous les prêtres non assermentés du département.
Ces évènements marquèrent la population.

Privés de son curé, et de 2 de ses 4 cloches parties à la fonderie de Villefranche, les esprits s’échauffèrent si bien qu’une espèce d’émeute éclata lorsqu’il fut question, en 1794, de descendre les 2 cloches restantes.

 

En l’absence des hommes réquisitionnés soit aux Armées, soit à la Garde Nationale, soit à la navigation sur le Lot, les femmes de La Roque Bouillac groupées sur les rocs qui dominent l’ancienne église accueillirent les municipaux chargés d’exécuter les ordres du représentant du peuple à Rodez, avec des vociférations et des menaces telles, que ces officiers crurent bon de se retirer pour dresser procès-verbal. Quelques jours plus tard, nouvelle tentative et nouvelle manifestation. Les « Amazones », comme on les nommait objectèrent aux autorités que la destruction des cloches devait commencer par les grandes localités, et que, lorsque ce serait fait, elles ne mettraient plus obstacle à l’exécution de l’arrêt. On ne sait si ces argument l’emportèrent, mais La Roque Bouillac conserva sa cloche. On l’appela désormais « la Cloche des Femmes ».

Le cimetière, logé dans les rochers, fut transféré à la sortie du village en 1913.
L’église eut (enfin) son clocher vers 1822 et en 1847 son chemin de croix.

Les Gabarres
Elles ont représenté, pendant longtemps, un gagne-pain non négligeable pour les habitants de La Roque Bouillac. En effet, les villageois construisaient des gabarres avec le bois de châtaigner qu’il y avait en abondance dans les collines. Grâce à ces embarcations, ils chargeaient le charbon de Decazeville et partaient revendre le minerai à Cahors et parfois même naviguaient jusqu’à Bordeaux. Ils ramenaient des marchandises (notamment du Stockfisch) ou revendaient le bateau sur place.
A l’époque, le Stockfisch était alors considéré comme le « plat du pauvre » et servait de plat de résistance au mineur parce que très nourrissant.
Il fait maintenant partie de la gastronomie aveyronnaise de cette partie de la Vallée du Lot.

Le village
Le village est typique : maisons moyenâgeuses, souvent accolées les unes aux autres, encaissées dans les rochers et séparées par de petites ruelles, voire des venelles.
Les habitations en bord de route et donc du Lot, souvent inondées par les crues (jusqu’à la création du barrage) sont bâties sur des caves (pas de sous-sol).
Il existe un chemin des inondations qui contourne le village, encore praticable aujourd’hui.

 


Jusqu’en 1833, La Roque Bouillac était une commune (+300 habitants) avec ses commerces (épiceries, cafés, hôtel etc…..) sa mairie, son école. Puis elle choisit de se rattacher à la commune de Livinhac le Haut, ce qui peut sembler paradoxal puisque le bourg se situe à environ 4 kms. L’école de La Roque Bouillac est fermée depuis quatorze ans.
Les habitants, pour la plupart, étaient pauvres, travaillant leur lopin de terre mais également à la mine ou à la Vielle Montagne. La vigne, ne demandant pas une terre riche, était principalement cultivée, ainsi que la châtaigne.

Aujourd’hui
Une quarantaine de personnes sont installées à La Roque Bouillac dont plusieurs familles non aveyronnaises. Ces « pièces rapportées » sont tombées sous le charme des vieilles pierres. Certaines maisons sont rénovées, se rénovent et d’autres toujours à l’abandon.
Le village, véritable porte d’entrée du département, possède un attrait touristique indéniable de par sa spécificité géographique et sa proximité immédiate au Lot.

L’actuelle municipalité a engagé une réflexion sur la réhabilitation et la promotion du village en faisant appel à un cabinet spécialisé. Les habitants attendent beaucoup de cette étude car La Roque Bouillac ne veut pas disparaître.

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Commentaires (1)

1. perdrix brigitte 14/05/2013

Bonjour,

J'ai habité Laroque 13 ans. En 1968, à mon arrivée, il y avait 104 personnes. A mon départ en 1982 il ne restait plus que 42 âmes. La petite école dirigée par Francette Souquières comptait 25 élèves en 1969. Ce village restera toujours dans mon coeur.

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